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 I'm a little bit scared of what comes after [R.]

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MessageSujet: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Jeu 31 Jan - 20:06



Il était impératif, se dit Mervin en remontant le col de son trench beige, de remettre de l'essence dans la voiture, et de prendre aussi son grand parapluie noir dont la canne se finissait en une ridicule tête de perroquet qui lui avait valu le surnom déplaisant de Mary Poppins à chaque fois qu'il sortait avec. Oui mais voilà, avait-il souvent envie de crier, il n'avait pas d'autres parapluies à la maison, et c'était en plus celui de sa mère. Il attrapa rapidement dans l'entrée son écharpe, la serra autour de son cou, et claqua la porte derrière lui, sans dire le moindre mot. Ce n'était guère dans son habitude d'être aussi rapide et malpoli, ou même violent avec le mobilier de la maison, mais c'était un fait très inhabituel qui habitait le jeune Cadell, complètement absorbé dans ses pensées qu'il en oublia le parapluie et qui oublierait par la suite de faire le plein de la voiture.
Mervin était ce qu'on appelait un garçon lunaire, hors c'était tout ce qu'il y a de plus faux car c'était les soucis de la Terre qui lui faisait parfois quitter la sévérité du présent pour la tranquillité de l'imagination. Cette habitude de toujours se réfugier dans l'imaginaire s'était d'autant plus développé depuis qu'il ne pouvait lui parler. Lui, c'était en fait elle, sa meilleure amie, celle pour qui en réalité tout ces beaux discours et ses démonstrations maladroites de sentiments bien plus fort l'avait relégué à la lointaine position de connaissance sympathique à qui l'on accorde un regard et un sourire polie, comme un voisin peu dérangeant. Et il aurait pu lui en vouloir, mais ce n'était pas de sa faute, et cette colère s'était fixée sur ce qui les empêchait d'être ensemble : son trouble.
Il dormait peu, buvait beaucoup de café, oubliait son parapluie, de mettre ses chaussettes, de prendre ses livres de cours ou de croire que le rouge du robinet était pour le froid et vice versa. Déjà qu'il pensait beaucoup à elle avant, c'était devenu une obsession quasi-permanente depuis qu'ils ne pouvaient plus se voir. Mais ça allait changer. Il s'en persuadait alors qu'il zigzaguait à toute allure dans sa très vieille cadillac bleu azur dépeinte et rouillée au toit blanc, son esprit tentant de se convaincre qu'il avait trouvé la solution. Contre sa poitrine, son petit carnet de note relié en cuir noir tapotait contre sa ceinture de sécurité avec les coups d'accélérations et de frein de la vieille carlingue tremblotante.
Il sentait ses doigt se contracter sur le cuir qui s'émiettait, fatigués des heures d'écritures, tachées de l'encre de l'usure, et des crevasses dues aux heures passées assis en tailleur sur le parquet délavé du sol de sa chambre. Tout au fond, il savait que tout ceci n'était que foutaises, une chimère à laquelle il s'accrochait désespérément car il craignait de réaliser que tout ses efforts étaient inutiles.
Il commençait à pleuvoir, un peu, par clapotis régulier et soudain, un torrent s'abattit sur le pare-brise de la voiture qui commença à faire de l'aquaplaning sur la route goudronnée. Il avait peur (il avait toujours eu peur en voiture, sans jamais en connaître la raison) et releva le pied de l'accélérateur. Mais, alors qu'il descendait la grande rue, la voiture se mit à tellement ralentir qu'il lâcha un cris aiguë quand il comprit qu'il avait complètement de s'arrêter en passant devant la station essence. Il gara la voiture qui savait tellement ralentis qu'elle allait à présent aussi vite qu'une trottinette. Le véhicule était complètement à l'opposer des places de parking qui se trouvaient sur le trottoir d'en face. Il gênerait la circulation et il aurait une amende. Peu importe, il ne pousserait pas, quelque chose de bien trop important l'attendait.
Le coeur battant, il se mit à marcher à toute vitesse, la pluie fouettait son visage qui rougissait de douleur. Ses cheveux s'étaient complètement écrasés sur son visage trempé. L'eau passait à présent au travers de son parkas, et il sentait son corps trembler de froid, mais cela ne l'arrêtera pas non plus. Ses mains étaient rouges, le brûlait, il avait mal aux pieds, sentant le derrière de son pied saigné contre sa chaussure humide. Ce n'était pas grave. Tout ceci n'était qu'accessoire car son coeur était chaud, emplis et inonder de joie à l'idée de simplement voir son visage, ne serait-ce que pour quelques secondes. Ce n'était pas grave, se répéta-t-il.
La maison se dressa là, devant lui, silencieuse et froide, comme tremblante sur un flanc de falaise. Elle ne l'était pas du tout en réalité, mais la vision prismatique de tous les objets ou choses appartenant à Lavinia rendait Mervin incroyablement romantique et mélancolique. Il lisait trop, c'était probablement sa pire torture. Il monta les marches du perron à toute vitesse et s'appuya sur la porte en reprenant son souffle. Il avait mal aux genoux, au bas du dos, à la tête, il avait l'impression qu'il allait mourir de froid, mais … ce n'était pas grave. Il frappa de son poing, affaiblie, puisant dans ses dernières ressources pour sortir un cri ultime de ses poumons :

« Lavinia ! Ouvre … C'est moi ! »
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Mirella Jones
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MessageSujet: Re: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Jeu 31 Jan - 21:23

i wish you'd hold me when i turn my back,
the less i give the more i get back,
oh your hands can heal, your hands can bruise.

© LYRICS BY CIVIL WARS.

Être une miraculée avait parfois ses avantages. C'était mal de mentir, mais elle usait parfois de prétextes idiots pour ne pas se rendre à l'université, non pas que ses parents eurent dans l'idée de la forcer à y aller, mais elle se sentait obligée de se justifier, implacable conscience morale. En réalité, elle supportait de moins en moins d'aller quotidiennement étudier, en prétendant que tout allait bien et que les choses n'avaient pas changé, quand son corps entier criait à l'imposture. Pis encore, malgré tout son bon vouloir, elle ne parvenait pas à se concentrer lorsqu'il était dans les parages, et sentir son regard sur elle, était devenu pesant et douloureux. Lavinia souffrait tout autant de la situation que lui, mais elle n'avait pas le choix, elle ne contrôlait pas ce trouble dont elle était affectée, qui s'avérait être à double tranchant. Aussi avait-elle décidée de rester toute la journée au lit, pour essayer de se distraire un tant soit peu, malheureusement son esprit ne voulait pas lui accorder le moindre répit, puisqu'elle ressassait sans cesse des souvenirs partagés avec Mervin. Il avait été tellement présent dans sa vie au cour des dernières années, l'accompagnant dans sa maladie comme dans les meilleurs moments, qu'un lien indéfectible s'était formé entre eux, ce qui rendait d'autant plus difficile cette séparation forcée. Ses doigts caressèrent distraitement le carnet noir dans lequel elle notait tout les événements qu'elle considérait comme précieux, tantôt négatif, mais surtout positif, la plupart faisaient référence à son meilleur ami, dont le manque se faisait ressentir cruellement à chaque minute, voir seconde.

Le jour de sa guérison était encore présent dans son esprit, et elle se souvenait de la joie immense qui s'était emparée d'elle quand le médecin lui avait rapporté la bonne nouvelle, qu'elle avait immédiatement partagé avec lui au bord des larmes. Bonheur de courte durée, car le désenchantement avait été rapide. Lavinia avait voulu le serrer dans ses bras, lui dire ce qu'elle avait sur le coeur : il avait rendu sa vie plus agréable, et l'approche de la mort un moindre supplice, en un sens il l'avait illuminé, mais plus important encore, elle l'aimait. Ce n'était plus un pressentiment, c'était une certitude, elle désirait l'embrasser, laisser ses mains parcourir sa peau constellée de taches de rousseur, et partager cette intimité méconnue. Dieu, les astres où n'importe quelle personne au dessus de leur tête en avait choisit autrement ayant décidément une dent contre elle, et lui avait ôté le seul être capable de soigner ses plaies, et de veiller sur elle. En la guérissant physiquement, on lui avait ôté sa drogue psychologique, une partie de son âme, lui. Bien sur, ils avait tâché de surmonté ce nuvel obstacle qui s'imposait entre eux, elle avait voulu y croire, et prier qu'un remède quelconque puisse les aider, et puis par lassitude elle avait abandonné, acceptant son sort, tel un condamné ayant abandonné toute chance de survie. Lui, n'avait jamais cessé, elle le savait, mais elle n'avait pas la force de l'accompagner, résignée, elle se laissait dépérir malgré tout. Le destin était clair, il ne voulait pas qu'ils soient ensemble, ni avant, ni maintenant. Jamais.

Sur cette idée des plus déprimantes, elle s'était assoupie fermant ses paupières brulantes sur des yeux perlés de larmes, quand elle entendit des coups répétés à la porte. Se réveillant en sursaut, elle sauta de son lit, le muscle cardiaque frappant avec force contre sa poitrine, étant seule à la maison, lui revenait la lourde tâche d'aller répondre, quand bien même, elle n'était pas d'humeur pour ça. Dehors il pleuvait, elle percevait les goutes d'eau qui s'écrasaient contre la fenêtre du salon; contrairement à beaucoup de monde, elle aimait la pluie, lui trouvant des qualités multiple. Elle possédait ce charme mélancolique, qui s'associait fort bien à sa personnalité morose des derniers mois. Lavinia tourna la poignée avec précaution, l'objet était capricieux et grinçait sans appel, dès lors qu'on le touchait, mais quand elle vit qui était de l'autre côté, elle n'eut plus aucune considération pour l'objet qu'elle broya entre ses doigts. Il était là. En chair et en os devant elle, et entièrement trempé, ses cheveux roux dégoulinant d'eau. Une autre raison d'aimer la pluie se dit-elle intérieurement en le dévisageant, immobile et muette, incapable de faire quoi que ce soit : elle ne voulait pas briser cet instant. Après plusieurs minutes de silence, elle ouvrit finalement la bouche, les mots butant avec maladresse, tandis qu'elle respirait bruyamment, comme si elle eut couru un marathon. « Mervin… Tu… » Instinctivement elle vit sa main se lever de quelques centimètres, et elle du se fustiger mentalement pour ne pas aller jusqu'au bout, pourtant elle espérait tellement pouvoir le toucher, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, ce contact lui était vital, mais si elle s'écoutait, les conséquences seraient dévastatrices. « … Es trempé ! » Une petite moue amusée se dessina sur son visage pâle, son inconscience était ce qu'elle aimait le plus chez lui, bien que tout ce que représentait Mervin avait grâce à ses yeux. « Vient entre. » Elle lui fit un signe de la main, et refermant derrière lui, elle se mordit la joue, céder était tout sauf le comportement adéquat à adopter, ce n'était pas raisonnable lui chuchotait son esprit, mais elle ne pouvait pas l'être quand il était à portée de main, c'était comme interdire à un enfant de ne pas manger des bonbons : impensable. Il suffisait qu'ils ne se tiennent pas trop proches, et qu'ils n'aient aucun contact physique, et tout irait bien, du moins elle se rassurait de la sorte, mais n'en croyait pas un mot. « Tu peux poser ton manteau là bas si tu veux.,» Elle désigna du menton la chaise dans la cuisine, et prit le soin de maintenir un périmètre de sécurité, tandis qu'il la suivait dans la dite pièce. « Tu veux boire quelque chose ? » Lavinia entreprit de faire chauffer de l'eau, puis elle s'installa à la table, sans le quitter une seule seconde des yeux, imprimant chaque mouvement, parole ou geste, qu'il avait. « J'espère que tu ne sèches pas pour venir me voir… » Maintenir une conversation banale était son but, car se focaliser la dessus, l'empêchait de craquer. « Ton état de petit poussin mouillé me chagrine, je vais aller te chercher une serviette. » Elle s'excusa d'un signe de tête, et aussitôt partie, elle revint, un tissus bleu entre ses doigts, puis timidement elle s'approcha de lui naturellement, oubliant toute cette malédiction qui pesait sur eux, et se hissant sur la pointe des pieds - elle était toute petite -, elle essuya maladroitement les restes de la rosée qui perlaient encore sur son front, et ses tempes. Sans y prendre garde, leurs peaux se touchèrent, ce qui eu l'effet d'un électrochoc, et elle se stoppa immédiatement, écarlate, et au bord du malaise. « Pardon.. Je… » Lavinia s'esquiva au fond de la pièce, et prétexta regarder l'eau qui bouillait, pour ne pas subir de questions impromptues.



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MessageSujet: Re: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Ven 1 Fév - 19:49

Il savait que c'était ridicule, stupide, cliché, mais il ne pouvait lutter contre ce qu'il ressentait et aussi niais pouvait-il être, cela ne l'empêcherait pas d'à chaque fois se dire que c'était un soleil. Aucune personne avant elle avait réussi à lui rendre le sourire, à lui faire reprendre confiance en lui, et même lui faire découvrir les rayons timides d'un avenir heureux et glorieux. Bien sûr, il était très clair à présent que cet avenir il le voulait avec elle. Et cette invitation si anodine à rentrer chez elle, à déposer son manteau, à boire quelque chose, lui donna une bouffée étouffante de chaleur : c'était déjà la vie de couple, déjà une monotonie bien rodée où il rentrait le soir et elle l'accueillait, bienveillante et délicate. C'est plus dur à encaisser qu'il ne l'aurait cru. Il avait l'impression de rêver de quelque chose qu'il n'aurait jamais, et que bientôt, une force l'obligerait à se réveiller, et toutes ses douleurs reviendraient encore. Il fit semblant de ne pas voir, alors qu'il les avait bien vu. Ces gestes très discrets et maladroits de Lavinia qui, par réflexe ou par tendresse, il ne savait jamais, avait voulu le toucher. Cela brûlait en lui comme une flamme destructrice. Comment dire, comment faire, comment braver cette torture qui les soumettait à toujours s'observer sans jamais se toucher. Il n'avait jamais été violent ni colérique, mais il avait trouvé un déclencheur qui aurait pu le changer, et c'était ça, l'horrible interdiction qui les obligeait à garder une distance convenable, alors que pendant des années il avait pu la tenir dans ses bras, lui donner la main, lui embrasser son front. Alors, pour tenter de braver tous les feux et les démons en colère, il resta silencieux, rougissant de maladresse et de timidité, hochant vigoureusement de la tête. « Merci » dit-il en ôtant son trench, le déposant sur le dossier de la chaise, se rendant compte avec horreur qu'il avait trempé tout le sol à l'endroit où il avait marché. Au lieu de s'excuser, complètement perdu dans ses pensés il répéta une seconde fois « Merci » en se frottant ses cheveux trempés.

Il laissa échapper un rire nerveux quand elle lui demanda si il séchait pour venir la voir. Comment lui avouer que depuis des semaines il s'était pratiquement déscolarisé pour passer toutes ses journées à chercher une solution à leur retrouvailles ? Comment lui dire qu'il n'avait plus aucun intérêt à aller assister au cours puisqu'elle ne serait pas là ? Ses venues en cours étaient sporadiques et il en souffrait, et restait souvent juste à côté de la porte, les yeux rivés pendant des heures en espérant qu'elle vienne. Parfois c'était le cas, elle lui disait bonjour, et montait dans l'amphithéâtre pour se mettre à l'extrême opposer de lui. Parfois, elle ne venait pas du tout. Quel était le pire, il en avait aucune idée, mais les deux situations le rendaient fous. Quand elle s'éclipsa quelques instants, il se rua vers son manteau, farfouillant la poche intérieur et attrapa son carnet qu'il fourra maladroitement dans la poche de son jean noir. Sois malin Mervin, se dit-il, ai l'air détaché mais pas trop, essaye d'amener ça la façon la plus naturelle possible.

Qu'elle était insupportablement parfaite, se dit-il quand elle arriva avec une serviette. Son coeur explosa alors en un million de morceau, le coupant comme un verre polis qui s'était brisé et entaillait la main qui tentait d'en ramasser les morceaux. Ce geste maternelle de lui nettoyer le visage lui remua l'estomac, et il aurait aimé la repousser car il ne pouvait pas encaisser ce genre de manifestation sans la prendre violemment dans ses bras. Il n'avait qu'une seule obsession, l'embrasser, et ce genre de geste ne l'aidait guère à réfréner cette pulsion destructrice.
« Ce n'est rien » murmura-t-il, mine penaude, dévasté que ce moment ce soit passé beaucoup trop vite. Alors qu'elle s'affairait à contrôler la température de l'eau afin de préparer des boissons chaudes, il se dit que c'était le moment idéal. Froid et grelotant, il fit un pas en avant, tirant de sa poche son carnet, froissant les premières pages pour s'y retrouver dans ses notes. « Je … J'ai fait des recherches pour que … Pour nous deux … Enfin non je veux dire pour toi mais que pour nous puissions être tous les deux » il eut un mouvement de recula, secoua rapidement sa tête « Non enfin pas "tous les deux" mais qu'on puisse être comme avant enfin je … » Il avala sa salive, le regard désespéré d'un chiot qui craint l'abandon et passa sa main sur son front en lâchant un long soupire « Je ne sais plus comment te parler à présent » murmura-t-il en ravalant une boule de larmes qui montaient dans la gorge. Pourquoi était-ce si compliqué d'avouer à quelqu'un que l'on connaît par coeur qu'on vit, qu'on agit, qu'on espère pour elle, et elle seule ?
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Mirella Jones
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MessageSujet: Re: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Dim 3 Fév - 19:34

Regarder l'eau dans la casserole, l'empêchait de sombrer six pieds sous terre, ou de commettre l'irréparable, aussi tachait-elle de se focaliser sur l'objet de toutes ses forces, mais sans grande conviction. Dès l'instant où il avait franchit le pas de sa porte, elle avait abandonné toute espérance de survie, et ce en vertu du pouvoir incroyable qu'il exerçait sur elle. Il pouvait lui demander n'importe quoi, elle s'exécutait, et se coupait en quatre pour lui, car elle lui devait tout et bien plus encore, il lui était aussi vital que l'oxygène qu'elle respirait pour survivre. Ses mots parvinrent avec une clarté déconcertante dans son esprit, qui immédiatement se referma sur lui même, tel une fleur un peu trop vite éclose, et ce parce qu'il abordait le sujet tangible, celui dont elle ne désirait pas parler. « Mervin…. Tu sais très bien ce que j'en pense. » Toujours autant consacrée sur sa tâche, elle ne se retourna pas délibérément, croiser son regard était un supplice qu'elle ne voulait pas subir. Aucune solution n'était possible, elle était condamnée, les choses n'avaient que très peu sensiblement changées, elle était née pour mourir, certes comme tout être humain, mais dans son cas, bien avant l'heure. La guérison ou ce trouble comme certains l'appelait avait transféré l'issue de sa maladie dans une tierce personne, l'obligeant à faire des concessions si elle voulait vivre. Or elle n'était même pas sure de le désirer, pas si cela impliquait de telles conséquences, et si une fois et une seule fois, elle avait abordé l'idée de laisser la mort l'accueillir, il le lui avait interdit, par amour teinté d'une jalousie. Lavinia ne pouvait nier, qu'elle avait éprouvé une certaine rancoeur suite à cette discussion, qui hantait ses nuits, tel un vice qui s'accrochait à son coeur avec ardeur. « Il n'y avait pas d'avant, et il n'y aura pas d'après. Nous deux, on ne peut pas être ensemble, c'est impossible. » Elle fut étonnée par sa propre voix amère et froide, qu'elle n'espérait pas aussi blessante. Par ces paroles, elle avait essayé de se donner contenance, et se convaincre elle même du bien fondé de cette séparation, mais ses doigts tremblant reflétaient sa détresse. Maladroitement, elle remplit les tasses, y ajoutant un petit sachet, puis elle posa la sienne sur la table, qu'elle poussa du bout de son index, elle l'avait déjà bien trop approché pour la journée, et ne pouvait se permettre davantage, auquel cas, les symptômes reviendraient. « Je crois… qu'il faut que l'on passe à autre chose, toi comme moi. » Elle avala avec difficulté sa salive, et souffla sur le récipient dont émanait une fumée réconfortante. Tout ceci n'était qu'une pure utopie, elle ne pourrait jamais l'effacer, et encore moins l'oublier, mais le voir dépérir dans cet amour incertain, était pire que tout, il devait faire sa vie avec quelqu'un d'autre, quelqu'un qui ne le détruisait pas. « Mes parents pensent que ce serait mieux si on déménageait. Je n'ai pas donné ma réponse encore.. mais je pense dire oui. » Elle baissa les yeux, gênée par cette révélation subite, qu'elle ruminait depuis la veille au soir, quand sa mère était venue lui faire la proposition sordide. Elle avait immédiatement répondu par la négative, peu sûre de pouvoir survivre - aussi paradoxal que c'était, puisqu'il causait les résurgences de sa maladie - sans le voir, ne ce serait-ce que de loin. Cependant à force de retourner le problème dans tout les sens, elle en était venue à accepter cet échappatoire éventuel, qui les épargneraient tout les deux. C'était d'abord pour lui, et ensuite pour elle. Il en avait toujours été de la sorte, le bonheur de Mervin lui importait plus que le sien.

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MessageSujet: Re: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Mar 5 Fév - 17:20

Il ne peut en jurer, peut être était-ce un bruit lointain, ou peut être était-ce son imagination, mais il entendit un violent bruit de verre qui se brisait sur le sol. Ce bruit était étouffé par un épais mur, mais il l'avait entendu, ce n'était pas loin. Il ne saurait probablement jamais car cela ne le marqua pas sur le coup, mais c'était bel et bien son cerveau qui avait fait une assimilation étrange entre sa douleur et le bris de ce verre. Il s'était coupé sur un rebord de fenêtre qu'il avait détruit avec un ballon il y a une quinzaine d'années, et depuis, il avait toujours assimilé la douleur au bruit du verre. L'ironie de la situation relevait du fait que son coeur était un petit morceau de verre, comme une petite goutte fragile, qui venait d'être détruit par les mots douloureux employés par Lavinia. Il n'en avait plus rien à faire de ce fichu thé, ni même de cette pluie qui l'avait trempé et qui lui ferait attrapé un rhume de tous les diables. Il était là sans être là : il pouvait se voir, les bras ballants au milieu de la cuisine, fixant Lavinia en tenant dans sa main son carnet tordu sous la force de son poing. « Comment tu … » murmura-t-il, les yeux fixant le sol de la cuisine. Il se voyait déjà - comme témoin de ses actes sans pouvoir les contrôler - attraper sa tasse et la balancer de toutes ses forces contre les murs, le liquide coulant lentement en tâchant le papier peint. Il aurait ensuite déchiré en morceaux son carnet, et aurait donné un coup de poing violent dans le mur. Il n'était pas très fort, alors il aurait probablement cassé un ou deux os métacarpien, et il aurait pleuré encore plus fort, s'affalant sur le sol. Peut être même que la violence de la douleur l'aurait même poussé à repousser violemment Lavinia qui se serait précipité vers lui pour soigner sa main. Si il avait été courageux, si il avait pu exprimé réellement sa colère, c'était exactement ce qui se serait passé. Mais Mervin avait tout hérité de son père : rester immobile, incapable d'exprimer son chagrin par ses actes, incapable de se battre et de s'énerver. Alors, à l'intérieur de lui, une bataille faisait rage, la passion lançant ses armées courageuses contre la raison qui défendait son bastion avec dignité et force. « Comment peux-tu oser me dire ça … Comme si je n'étais qu'un chien trop vieux dont on ne veut plus prendre soin … »
Sa voix tremblait, ses yeux rougissaient. Le corps tout entier de Mervin semblait proche de l'évanouissement tant il était pris par les tremblements, d'ailleurs, ses mains s'ouvrirent et le carnet chuta mollement sur le sol. La mâchoire serré, il tenta d'exprimer la douleur et la colère, fatigué d'être l'éternel impuissant dans toute cette histoire. « Tu n'en as rien à faire de ce que je pense, tu ne t'en ai jamais soucié » articula-t-il avec difficulté. Il était lancé, il savait que des choses qu'il ne pensait pas vraiment et horribles sortiraient de sa bouche, mais il avait besoin de voir autre chose sur son visage que ce triste détachement. Il voulait la voir s'énerver, protester, même contre lui. Elle baissait les bras, et pour lui c'était comme si elle décidait d'abandonner avant même d'avoir essayé. Une larme coula sur la joue rugueuse et rougissante : « Tu crois penser à mon bien être, tu crois faire oeuvre de charité en t'éloignant de moi pour que je sois heureux mais je suis désolé Lavinia, tout ça, c'est ... ce sont des foutaises »
Jamais il ne lui avait parlé ainsi, jamais il n'aurait osé penser parler comme cela à n'importe qui sur cette planète, mais c'était un autre Mervin qui était là, dans cette cuisine, celui complètement emparé par l'amour, refusant d'être une seconde fois abandonné par une femme qu'il aimait. Il traversa la pièce, comme possédé, et posa ses mains sur les épaules de Lavinia, sans force, juste posé comme un drap chaud que l'on enfile, la raison réussissant toujours à vaincre la passion pour ménager le corps faible de la jeune femme. « Si tu pars, alors je te suivrais, et je préfère mourir que d'abandonner l'idée d'être avec toi parce que … » Il lâcha un long soupire, un râle sourd et douloureux qui venait du fond de ses entrailles torturées « Parce que la vérité c'est que je t'aime Lavinia, plus que ma propre vie »
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Mirella Jones
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MessageSujet: Re: I'm a little bit scared of what comes after [R.]   Mer 6 Fév - 20:40

La méchanceté non contente d'être un mot qu'elle exécrait profondément, lui était difficile à user, surtout à l'égard de Mervin. Chaque particule de son corps criait et hurlait contre cette décision de l'esprit, qui pensait résoudre le conflit dans lequel ils étaient tout deux plongés, en usant de paroles blessantes, et froides. Un exercice éprouvant pour Lavinia, qui à au fur et à mesure que le temps passait, sentait ses membres s'affaiblir, et se contracter en raison de la présence de son ami, qui lui était insupportable. Elle s'était dit qu'en étant la plus distante possible, et en faisant preuve d'un détachement volontaire, il la laisserait partir plus facilement. Il devait la haïr c'était primordial, et même si elle se détestait de le faire souffrir, elle n'avait pas le choix. Telle était la solution qu'elle avait envisagé dans son coin, sans rien lui dire, auquel cas, rien n'aurait fonctionné. Désormais en croisant ses prunelles imbibées de larmes, elle n'était pas sure de vouloir continuer dans cette direction, mais être forte était une nécessité, autant pour elle, que pour lui. « Tu n'as pas le droit de me dire ça Mervin, tu ne sais rien de ce que j'endure. Rien. Tu crois que parce, que je t'ai laissé rentrer dans ma vie, tu connais tout de moi ? C'est faux. J'ai mal. La moindre seconde avec toi est un supplice sans nom. » Elle avait désormais posé sa tasse sur le rebords de l'évier, ses mains tremblaient, et son corps était parcouru de spasmes, la colère, la rancoeur et toute cette haine accumulée refaisaient surface. « Tu ne sais pas ce que tu dis, tu es aveuglé par tes sentiments. » Elle secoua ses longs cheveux châtain, tout ceci était purement et simplement sa faute, elle lui avait accordé une emprise trop grande sur son coeur, qu'elle ne parvenait plus à maitriser, déchirée entre des sensations contradictoires. Elle aurait voulu l'aimer comme il le méritait, lui donner ce qu'il désirait, mais elle n'était pas dans la mesure de le faire, elle le lui avait toujours dit, et aujourd'hui cette barrière les heurtait de nouveau de plein fouet. « Mais tu ne comprends pas Mervin, si tu me suis, je pourrais mourir. Tu… me rends malade. » Cruelle, oh oui elle l'était, mais il était temps que la vérité sorte, ils avaient trop longtemps prétendu ne pas la connaitre, lui préférant un avenir radieux, purement utopiste.

Un gout âpre et amère se fit ressentir dans sa bouche, tandis qu'il lui avouait ce qu'elle redoutait tant : il l'aimait. Cette déclaration lui déchira l'âme, autant qu'elle lui donnait envie de hurler, et de courir loin, pour fuir tout ces problèmes. Il était évident, qu'elle ressentait exactement la même chose, mais il était inconcevable qu'elle le lui dise. L'avouer aurait été lui donner de l'espoir, un espoir qu'ils ne pouvaient pas se permettre d'avoir, pas quand cette relation était destinée à ne pas exister. Si son visage restait fermé et impénétrable, ses yeux pâles quant à eux la trahissaient, elle n'était pas en mesure de taire de manière absolue son amour pour Mervin, qui la consumait. Lavinia s'approcha d'un pas sur et déterminé vers le garçon, et s'arrêta à quelques centimètres, ils n'avaient jamais été aussi proches depuis qu'elle était sortie de l'hôpital. « L'amour est beau, mais ne résous aucun problème. Regarde… » Sans hésitation aucune, elle s'empara de sa main, sans cesser de le fixer, et la plaqua avec force contre son muscle cardiaque qui tambourinait rapidement. « Tu me fais mourir à petit feu. » Des fourmis vinrent chatouiller le bout de ses doigts et ses extrémités, et alors que l'air venait à lui manquer, elle devint livide. « C'est ça que tu veux Mervin ? » Articula t-elle avec difficulté d'une voix forte en grimaçant à moitié, le cœur au bord des lèvres. « C'est ça .... » Parfois les gestes étaient plus forts que des mots, et dans ce cas elle espérait que ce fut-ce le cas, il devait à tout prix se détacher d'elle, et mener sa vie de son côté, il le lui devait.



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